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Wednesday, November 14, 2007
3:33:21 PM EST
Connaître un plus grand amour
par Ralph Blair
Avez-vous bien aimé faire la couverture du magazine Time ? Comme c’était emballant ! Quoi ? Vous ne l’avez pas remarquée ?
Au début de cette année de grâce, le magazine Time a annoncé : « VOUS, mais oui, vous… qui d’autre ? » êtes « La personne de l’année ». Et si vous aviez acheté le numéro du 1er janvier, en effet, vous vous seriez vu, en couverture, en couleur, dans un petit miroir en Mylar.
Or, ce qui donne à réfléchir, c’est que toutes les couvertures du Time avaient de petits miroirs en Mylar. Des millions de miroirs en Mylar signifiaient que des millions de personnes ont vu leur propre réflexion comme « La personne de l’année ». Cela a tout gâché pour moi !
Avez-vous observé combien tout le monde devient de plus en plus étroit d’esprit ? Vous êtes peut-être trop jeune pour vous rappeler le magazine Life (La vie). Comme on le disait, Life couvrait toute la vie. Le magazine People (Les gens) est alors arrivé. People ne porte pas sur toute la vie, mais sur les gens seulement. Puis, le magazine Us (Nous). Us ne concerne pas tous les gens, mais nous seulement, nos gens. Et maintenant, il y a le magazine Self (Soi). Self ne porte pas sur nous tous. Self est censé ne concerner que moi-même. Et si Self n’est pas suffisamment égoïste pour vous, voilà maintenant un magazine nommé Me (Moi). Mais même Me ne traite jamais de moi !
Remarquez que si vous avez raté la couverture du Time et ne pouvez vous voir dans People, Us, Self ou Me, il se peut que vous soyez quand même « quelqu’un ». Cherchez votre nom sur Google. Examinez YouTube ou MySpace. Le magazine New York dit que les gens sur MySpace « se croient avoir un public… des fans. Ils ne veulent qu’attirer l’attention sur eux-mêmes ». Mais tout le monde veut de l’attention, n’est-ce pas ? Nous voulons tous être quelqu’un de spécial. Le problème, c’est que nous craignons tous de ne pas être suffisamment spéciaux. Alors on n’arrête pas de tout faire pour attirer l’attention. Que veut dire tout cela ?
Vers la fin de sa vie, Fred Rogers a dit à des amis proches qu’il regrettait d’avoir chanté la chanson « Tu es spécial » à tous les enfants dans Le quartier de M. Rogers (émission pour enfants). En voyant tant d’égocentrisme dans les générations X et Y, il a dit qu’il craignait avoir exagéré à quel point ils étaient spéciaux. Mais toutes ces cuillerées de « spécial » qu’ils ont avalées ne les ont pas réellement nourris. Cependant, beaucoup d’entre eux avalent encore ce truc-là. Et ils s’étranglent de puérilité.
Cela fait des décennies que le mouvement d’amour-propre encourage les parents, les enseignants, le clergé et les psychologues à nous duper et à nous dorloter afin que nous ayons un soi-disant « amour-propre positif ». Tout le monde est poussé à « faire ce dont vous avez envie » et à « trouver votre bonheur absolu ».
Suivant l’exemple du Dodo qui a encouragé Alice à décerner des prix à tous les participants dans l’absurde « Course Cocasse », tous sont loués, qu’ils le méritent ou non*. Un dessin humoristique dans le New Yorker montre un gamin traînant un trophée énorme à la maison. Il hausse les épaules et dit : « On a perdu ». Dans les classes de gym, personne ne compte les points. Dans d’autres classes, on gonfle ou élimine les notes. La dirigeante du programme d’alphabétisation à New York, où on dépense des millions de dollars, demande aux enseignants de « feindre l’intérêt » pour les histoires des étudiants. Elle l’explique : « Quand nous aidons un écrivain, c’est parfois plus utile de le duper en lui donnant l’impression d’avoir fait le travail lui-même ». (Lucy Calkins) Donc, les prétentions vaniteuses étayent les affectations de fierté de peur que les petits egos fragiles s’épuisent et disparaissent.
L’autre jour je ne pouvais pas résister à faire un quiz sur AOL portant sur les timbres. J’ai eu 6 sur 12, c’est-à-dire, 6 fausses réponses sur 12. Mais le gentil tableau d’affichage d’AOL s’est enthousiasmé : « Pas mal ! »
*Alice au pays des merveilles est une œuvre de littérature enfantine par le pasteur mathématicien Charles Lutwidge Dodgson, sous le pseudonyme Lewis Carroll.
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3:17:07 PM EST
Ces derniers temps, on a examiné beaucoup de ces vieilles études sur l’amour-propre avec une rigueur toute scientifique. Et vous savez quoi ? Presque toutes se fondaient sur de mauvaises méthodologies aboutissant à des conclusions erronées. Maintenant les recherches montrent que – contrairement aux éloges de Mister Rogers pour le gosse qui est « le seul comme toi » (quelle que soit l’intention, ou l’effet, de ce ‘compliment’ énigmatique) – la louange efficace doit être enracinée dans la réalité. N’importe quel enfant âgé de plus de 7 ans voit l’absurdité de toute cette condescendance.
Lorsqu’on fait semblant de complimenter un(e) enfant, ce qui est perçu, c’est que ce qui compte, c’est de faire semblant, quitte à tromper autrui et en profiter. Pourtant, la duplicité corrompt le travail d’équipe nécessaire pour simplement le contrat social de base, sans parler de l’intimité, et renforce le doute de soi effrayant. Qui plus est, les enfants qui sont complimentés de cette façon irresponsable ne développent jamais l’endurance cruciale qui est nécessaire dans le monde réel où les temps difficiles sont inévitables.
Mais convaincus qu’ils ont tous les droits, les gens se laissent entraîner dans des combines bêtes et intéressées. Une des plus récentes est l’idiotie du livre à succès Le Secret. Les annonces promettent : « ceci est Le Secret pour tout – le secret pour bonheur, santé, argent, relations humaines, amour, le tout illimité ; tout ce que vous avez jamais désiré ». Comme le dit Le Secret : « quand vous penserez aux choses que vous désirez… la loi d’attraction vous donnera exactement ce que vous désirez, à chaque fois ». C’est idiot. Mais, bien sûr, il semble que les idiots ne manquent pas.
Pourquoi donc s’étonner quand des gens égocentriques avalent cette idiotie en allant à la recherche égocentrique d’« eux-mêmes » ? Mais un professeur sage et prévenant à Kent State University affirme qu’il commence chaque semestre en demandant à ses étudiants : « combien d’entre vous ont des parents qui leur ont dit que vous pouvez être n’importe qui que vous voulez être ? » Quand les deux tiers lèvent la main, il leur demande : « vous rendez-vous compte que c’est de la foutaise ? »
L’égocentrisme est lui-même suicidaire pour la sociabilité. Il pourrait donc aboutir au suicide. L’égocentrisme se condamne lui-même à l’isolement. L’égocentrisme nous empêche donc d’être libre d’interagir avec autrui, le seul moyen de trouver l’amour. Coincés dans l’isolement de l’égocentrisme, nous ne pouvons pas connaître l’amour. Bob Dylan l’exprime très bien dans la dernière ligne de sa chanson ‘Lonesome Day Blues’ : « On ne peut faire l’amour tout seul ». Mais les gens essaient.
Et les gourous d’amour-propre poussent encore tous les obsédés de leur soi-disant manque d’amour-propre à s’« aimer » eux-mêmes. Mais n’est-il pas évident que l’obsession de soi est elle-même le symptôme douloureux d’un amour-propre désespérément trompeur et contre-productif ? Nous désirons l’amour, mais bien trop souvent, si sottement. Donc, certains gens ne se laissent jamais recevoir de l’amour. Et, sans l’amour qu’ils ont besoin de recevoir, ils n’ont pas d’amour à donner.
Le conseil de Lennon et McCarthy était : « Tout ce dont on a besoin, c’est l’amour ». Ah oui. Mais qu’est-ce que cet amour qui est « tout ce dont on a besoin » ? Et si c’est bien tout ce dont on a besoin, ça vaut le coup de demander qu’est-ce que cela est exactement. Et ça vaut le coup de trouver la réponse la plus vraie – pas juste une « réponse » quelconque.
Dans une interview parue dans le New York Times sur son livre, The Meaning of Life (Le sens de la vie), Deborah Solomon demande à Terry Eagleton, théoricien de la culture : « Que signifie la vie ? » Il dit que la vie signifie l’amour. Solomon : « Et si quelqu’un tombait amoureux d’une voix entendue au téléphone ? » Eagleton : « Cela n’est pas le modèle complet de l’amour ». Solomon avait confondu aimer avec aimer bien. Selon Eagleton, l’amour est l’éthique de l’épanouissement réciproque sous l’autorité de Dieu. Un tel amour est un acte de volonté ; ‘aimer bien’ arrive sans réfléchir. L’amour est volontaire ; ‘aimer bien’ est involontaire.
Pourtant, « le modèle complet de l’amour » – cela, c’est plein de sens ! Mais un ‘amour’ qui veut dire aimer bien ses sentiments provoqués par un rêve égocentrique d’une nouvelle voix au téléphone ?! La féministe Germaine Greer ricane : « Amour, amour, amour – toute cette maudite hypocrisie, masquant l’égotisme ». Comme le dit un mystique anglais : on peut avoir « trop de ‘sentiments’, et n’avoir pas pour autant assez d’amour ». (Evelyn Underhill) Assez d’amour –voilà ce que nous souhaitons tous. Mais tant de ce qu’on appelle ‘amour’ n’est pas du tout l’amour auquel nous sommes appelés.
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11:15:03 AM EST
Une aventure d’un soir, on peut dire que c’est « faire l’amour », mais ce n’en est pas. ‘Prendre son pied’ avec un inconnu, c’est rien d’autre que perdre l’amour de vue. Mais, piteusement, un pasteur gay à West Hollywood rationalise le sexe anonyme comme étant un outil pour l’évangélisation. Voici le badinage qu’il imagine entre deux jeunes hommes dans un bar gay : —J’ai une proposition à te faire. Viens chez moi ce soir, et j’irai à l’église avec toi demain. —Sans blague ? —Donc, t’es d’accord ? —D’accord ! Et le gars est escroqué à l’église le dimanche matin, où le message promis est « Dieu ne veut que de te laisser être toi-même ». Jamais de Sa vie, vielle créature !
Et commettre un l’adultère sans réfléchir n’est pas plus « faire l’amour » que tout le sexe qui est glorifié avec du jargon pseudo-psychologique dans la soi-disant série « Amour Moderne » du Sunday New York Times.
Et la fureur lubrique d’un mec qui est « rejeté » dans « l’amour » n’est pas l’amour. Le soi-disant « amour fou » qui le conduit à jeter de l’acide dans les yeux de sa soi-disant « bien-aimée », l’aveuglant d’avoir refusé son soi-disant « amour » ne l’est pas non plus.
Et une bonne partie de ce qu’on fait avec de bonnes intentions peut être si mal conçue et si mal renseignée que cela se solde par le contraire de son intention. Les chrétiens ont l’intention de faire du bien en soutenant les groupes « ex-gay ». Mais ils finissent par affaiblir, voire détruire, la foi de ceux qu’ils auraient dû amener au Christ. Jésus n’a pas dit « soyez prudents comme des idiots et innocents comme des serpents » ! (cf. Matthieu 10,16) Pascal se lamentait : « Les hommes ne font jamais le mal si complètement et joyeusement que lorsqu’ils le font par conviction religieuse ». Certains chrétiens veulent empêcher les LGBT d’élever ou d’adopter des enfants. Ils affirment, par ignorance, qu’un tel parentage serait mauvais pour les enfants. Mais les enfants seraient-ils vraiment mieux si l’on les abandonnait à un orphelinat ou à une série de familles d’accueil ? Paul a prié que notre amour « gagne de plus en plus en pleine connaissance et en parfait discernement ». (Philippiens 1,9) Un musée du créationisme qui a coûté 27 millions de dollars a ouvert dans le Kentucky. Et il programme, sans y prendre garde, les enfants à un jour rejeter toute la Bible dans le rejet d’un fondamentalisme qui ne respecte ni le vision du monde ni les genres littéraires de la Bible. Reinhold Niebuhr était astucieux quand il a suggéré : « En général, le mal n’est pas fait par de mauvaises gens mais par de bonnes gens sans connaissances ».
Et ce sont nos inquiétudes pour le bien-être des pauvres qui nous font vouloir élever le salaire minimum, n’est-ce pas ? Pourtant, un salaire minimum élevé peut entraîner plus de chômage. Et quand on adapte les trottoirs aux chaises roulantes, les non-voyants ne peuvent pas différencier les trottoirs et les rues. En souhaitant rendre un service aux auteurs minoritaires, les librairies mettent leurs livres sous la rubrique « Auteurs Noirs » ou « Auteurs GLBT ». Mais alors, les acheteurs à la recherche de livres sur, par exemple, la linguistique ou sur l’économie ne peuvent pas trouver les livres des auteurs noirs ou gays parce que leurs livres sont cachés là-bas sur ces étagères ghettoïsées. Martin Luther King l’a observé : « La compréhension superficielle des gens de bonne volonté est plus frustrante que le malentendu absolu des gens malveillants ».
D’ailleurs, tant de ce qui passe souvent pour un manque d’amour peut être l’amour même auquel nous sommes appelés. D’après Saint Augustin : « L’amour peut se traduire par une férocité tandis que la méchanceté peut s’exprimer par des paroles onctueuses. L’amour frappe ; la méchanceté s’insinue dans vos bonnes grâces ». Osée présente la passion du Seigneur pour son peuple désobéissant comme une maman ours qui protège ses petits avec férocité. (13,8) Et l’amour de Jésus était tellement féroce qu’il a dit que, si quelqu’un faisait obstacle à la foi d’un croyant vulnérable, il vaudrait mieux pour lui qu’on lui pendît une meule d’âne au cou, et qu’on le jetât dans la mer. (Luc 17,1-6 ; Marc 9,42) En tenant compte de l’hyperbole sémitique, ce que nous appelons « l’amour solide », commence-t-il seulement à atteindre l’amour sérieusement féroce de notre Seigneur ? Demandez à Flannery O’Connor.*
Certains d’entre nous peuvent avoir tellement peur d’offenser autrui que nous ne leur disons pas ce qu’ils ont besoin d’entendre. Ou bien nous avons tellement peur d’être détestés et rejetés que nous sommes disposés à rester silencieux quand nous devrions, par amour, oser dire ce qui ne sera pas bien accueilli.
Les prédicateurs négligent d’aimer en ne disant pas la vérité. Gardner Taylor, spécialiste de la chaire, met les prédicateurs en garde contre ne pas laisser ceux sur les bancs dicter ce qui est prêché dans la chaire. Jürgen Moltmann dit qu’une église « ne veut pas s’écouter elle-même [mais] veut écouter la voix du Christ ». Mais trop de pratiquants veulent effectivement s’écouter eux-mêmes au lieu du Christ.
* Flannery O’Connor (1925-1964), auteure américaine connue pour ses nouvelles fréquemment violentes. Cependant, elle était catholique fervent.
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11:09:47 AM EST
Et même si l’on entend parler d’un « Jésus », comme prévient un apologiste astucieux, il est peut-être simplement « un entraîneur de vie, un copain, un compagnon, le fondateur de la civilisation occidentale, un messie politique, un exemple d’amour radical, et d’innombrables autres images [qui] peuvent nous distraire de l’obstacle et de la folie qui est le ‘Christ crucifié’ ». (Michael S. Horton)
Les politiciens peuvent négliger d’aimer avec sagesse en ne disant pas la vérité. Selon Fred Thompson : « Après huit ans à Washington, je me languissais de la sincérité d’Hollywood ». Et il dit que ce n’est pas une blague. Et l’hypocrisie politiquement correcte des leaders LGBT peut négliger d’aimer avec sagesse en ne disant pas la vérité, en flattant ceux qui se croient tout permis, en encourageant le mépris des homos qui « imitent les hétéros » et en refusant de « juger » les soirées ‘circuit’ remplies de drogues et de sexe anonyme qui démolissent la libération et sapent la crédibilité avec tous ceux dont nous avons besoin de gagner le soutien.
Bon, on prend un risque en aimant assez pour dire la vérité. Mais l’amour réel ose prendre le risque. Quand son inquiétude à propos du bien-être de ses camarades afro-américains amène Bill Cosby* à critiquer les valeurs et les attitudes contre-productives au sein de sa communauté, il est accusé d’être un « Oreo** » qui se comporte de façon « blanche ». Et quand Herman Badillo, le premier Portoricain indigène élu au Congrès, critique la façon dont certains Hispaniques se comportent et sabotent donc leurs propres objectifs, ses rivaux l’accusent d’être « un insulte à la communauté hispanique » et « un blanquito ». Alors, on pourrait bien demander : où sont les Cosby et les Badillo des communautés LGBT, autrement dit, ceux qui aiment assez pour dire la vérité ?
Jésus a tout risqué pour nous aimer. Il nous a dit la vérité la plus vraie. Et pas besoin d’ajouter : « mais il l’a fait par amour ». C’était son amour qui disait la vérité la plus vraie. Dire la vérité la plus vraie, c’est la réaliser en amour ; refuser de dire la vérité la plus vraie est de refuser d’aimer. Certains n’ont besoin que d’un sourire ou de l’arôme du café ; d’autres ont besoin de quelque chose de plus. Jésus a vécu et est mort tout en nous aimant assez pour connaître la vérité. Donc, si jamais nous espérons connaître un amour qui est plus grand que les foutaises et les mensonges qui passent pour de l’amour, nous devons être ouverts à la vérité la plus vraie de Celui qui se nommait lui-même La Vérité. Selon l’Évêque Tom Wright : « ’Connaître’ les genres plus profonds de vérité… est beaucoup plus comme ‘connaître’ une personne ». Dit-il : « Le mot juste pour ce genre plus profond et plus riche de connaissance… est ‘amour’ ».
Notre aspiration à l’amour provient de l’Amour, une aspiration à cette connaissance plus profonde d’amour qui est plus profond que n’importe quoi que les puits de ce monde-ci peuvent fournir. Bien que nous nous contentions de ce qui est peu profond, voire stagnant, notre besoin, c’est le besoin des eaux vives d’amour qui sont aussi profondes que les sources les plus profondes dans l’amour de Dieu.
Nous avons besoin de regarder au-delà de nos besoins mal interprétés, bien au-delà de nos combines égoïstes pour la spiritualité sentimentale, pour le sexe et pour tout le bazar. Nous avons besoin d’intimité avec Jésus. Il connaît notre besoin d’amour, car Il a créé notre besoin d’amour. Il a créé le cosmos pour notre venue et est mort afin que nous puissions vivre. Il a tout fait par amour, pour que notre besoin d’amour soit satisfait de la seule façon possible : dans son étreinte aimante et par amour familial l’un de l’autre. Dieu, qui connaît les plus grandes hauteurs et profondeurs de l’amour au sein de Son Soi Trine, nous a créés à Son image – l’unité dans la communauté – pour que nous aussi puissions connaître les hauteurs et profondeurs de l’amour. Dieu est Lui-même la fontaine et l’accomplissement de cet amour, car Il est Amour. Dieu est amour ! (1 Jean 4,16)
Lorsque le Pape Benoît XVI a choisi Dieu est Amour comme sujet de sa première encyclique, les médias n’en étaient pas ravis. Ils étaient déçus. Alors qu’ils avaient prévu une salve d’ouverture contre le mariage gay ou quelque autre sujet brûlant de la guerre des cultures, tout ce qu’on leur donnait, c’est que Dieu est Amour. Dieu est amour ! Comment cela peut-il être une déception ?
Peut-être que le sentiment ingrat d’avoir tous les droits élimine la possibilité d’être ravi de la nouvelle que Dieu est amour. Peut-être que les somnifères sots de sentimentalité salissent tout sens d’émerveillement ? Admettons-le – est-ce que nous supposons qu'après tout, nous sommes tous ‘OK’, et quand nous entendons donc que Dieu est amour, ce n’est pas grand-chose ? Dans notre présomption, est-ce qu’on prend tous à son compte : « Ne méritons-nous pas tous de gagner des prix ? »
Hypnotisés par des mantras qui disent que « l’amour est dieu », avons-nous des oreilles pour entendre la Bonne Nouvelle que « Dieu est amour » ? Au lieu de prendre plaisir à une telle nouvelle, nous avons tendance à nous assoupir. À propos, on ne peut pas inverser « Dieu est Amour » en « l’amour est dieu ». « Amour est dieu » est de la mauvaise grammaire et de la mauvaise théologie. Dans la construction grecque de 1 Jean 4,8 le sujet est Dieu. Dieu est amour.
* Vedette de la télé américaine. ** Un Oreo est un biscuit américain noir et blanc.
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10:51:57 AM EST
Mais « Dieu est amour » est effectivement choquant pour des gens d’autres époques et d’autres endroits. Pour les Grecs et les Romains anciens, les dieux n’étaient pas compatissants. Ils se moquaient complètement du bien-être du peuple. Ils avaient assez de problèmes les uns avec les autres. Même les déesses d’« amour » n’étaient que des déesses de désir sexuel. Dans les religions primitives, les dieux sont locaux, imprévisibles – sauf que tous cherchent des pots-de-vin. Mais ils ne font pas de quartier. Et s’il existe un « haut » dieu quelque part dans les montagnes, il/elle est indifférent(e). Aucune des millions de déités hindous n’offrent une façon d’échapper aux cycles de conséquences, le jugement froid de karma. Pour les musulmans, Allah est moins compatissant qu’il est capricieux. En étant absolument l’Absolu, il est absolument arbitraire. Et, bien sûr, pour les bouddhistes comme pour les athées il n’existe aucun Dieu d’amour parce qu’il n’existe aucun dieu.
Mais le Seigneur, Dieu, est amour. Donc, son peuple peut aimer. Dans son commentaire définitif sur la Thora, Jésus nous a appelés à répondre à l’amour de Dieu en l’aimant et en aimant nos prochains comme nous-mêmes. (Marc 12,30 et seq.) Pourtant, « des références explicites au [texte hébreu sur aimer les prochains comme soi-même (Lév 19,18)] manquent dans la littérature juive avant [Jésus et] Paul, [et] les allusions à [l’amour des prochains] prouvent qu’on n’a pas accordé à cela une place de premier plan. [Quand même,] par contre [ce texte de l’Ancien Testament] est le passage dans tout le pentateuque qui est cité le plus fréquemment par les écrivains du Nouveau Testament. (cf. Marc 12,31 pars. 12,33 ; Matt 5,43 ; 19,19 ; Gal 5,14 ; Jacques 2,8) ». (J.D.G. Dunn) Quand Paul a cité plusieurs commandements du décalogue, il a ajouté, « ceux qu’il peut encore y avoir » sont résumés dans l’appel à aimer Dieu et tous nos prochains. (Romains 13,9 et seq.)
C’est donc pourquoi, lorsqu’on lui a demandé de donner une critique d’un rapport ecclésiastique officiel sur l’homosexualité, le président du comité de traduction de l’Ancien Testament pour la Bible NIV, aussi président de la Société Théologique Évangélique et professeur du Calvin Seminary, a insisté sur « la question plus générale de l’amour qui est l’accomplissement de la loi et de l’amour qui ne fait pas mal à son prochain ». (Marten Woudstra) Il a écrit : « Je crois que nous qui chérissons la Parole de Dieu qui est vérité, nous voulons être d’autant plus certains de lire correctement cette Parole. Jésus dit que Son joug est doux, et Son fardeau léger. Assurons-nous que si nous mettons un fardeau sur quelqu’un tel que le célibat total, c’est parce que nous sommes complètement certains que c’est le fardeau de Jésus. Sinon, nous devrions le laisser à la conscience individuelle ».
Et un autre évangélique fait remarquer : « L’amour n’est [simplement] pas une idée pour Paul, pas même un « facteur de motivation » du comportement. L’amour est du comportement. Aimer est un acte ; ce qui n’agit pas n’est pas d’amour ». (Gordon D. Fee)
Mettre en œuvre l’amour, ça marche ! Littéralement, nos neurones en ont besoin. D’après le psychiatre Karl Menninger : « L’amour guérit les gens – ceux qui le donnent ainsi que ceux qui le reçoivent. … L’amour [est] la clé du programme thérapeutique entier ». Un autre psychiatre soutient : « Quand la satisfaction et la sécurité d’une autre personne deviennent aussi importantes que les vôtres, alors un état d’amour existe ». (Harry Stack Sullivan) De la perspective de son étude en plusieurs volumes de l’histoire mondiale, Arnold Toynbee a affirmé l’aspect pratique de l’amour quand il a écrit : « L’amour est le seul pouvoir spirituel qui peut surmonter l’égocentrisme qui est intrinsèque à être vivant ».
Jane Fonda affirme être « complètement fascinée » par Jésus parce que, s’exclame-t-elle, « ce qu’il prêchait [sur l’amour] était révolutionnaire, et c’est exactement ce dont nous avons besoins maintenant ». Dit-elle : « La déclaration la plus révolutionnaire qu’on puisse faire est ‘tu aimeras ton prochain comme toi-même’. Ça alors ! Si nous pouvions vivre ce qu’il a enseigné, tout changerait. Mais – observe-t-elle – ce n’est pas ce qui passe pour le christianisme de nos jours ».
Malheureusement, une bonne partie de « ce qui passe pour le christianisme de nos jours » – et à travers l’histoire – n’est pas le christianisme. C’est du dogmatisme sans amour, ou bien la charité, les attitudes pieuses, la prédication de la prospérité égoïste et les programmes politiquement corrects – de la droite ainsi que de la gauche.
Mais elle ne voit pas ce qui est vraiment révolutionnaire dans Jésus. La Règle d’Or, c’est le bon sens et c’est lieu commun – et inefficace – dans toutes les religions du monde. Mais ce que Jésus a dit et fait autrement est unique. Comme médite Fonda : « Ça alors ! Si nous pouvions vivre ce qu’il a enseigné, tout changerait ». Oui. Mais cette espérance s’écroule à cause de son « si ». Le mot « si » veut dire « ce ne l’est pas » ! Fonda oublie que Jésus a déjà tout changé. Le fait qu’il a accompli ce qui est juste, et donné sa vie pour nous, nous donne le seul fondement sur lequel on puisse, en effet, « vivre ce qu’il a enseigné ». C’est en raison de son obéissance jusqu’à la mort que le « si nous pouvions » peut devenir « nous pouvons ! ».
Maintenant donc, regardons de plus près l’Amour qui nous aime pour que nous puissions aimer.
Quelque part entre la cène et son arrestation Jésus dit sa plus longue prière enregistrée. Il prie à haute voix pour que ses disciples puissent écouter ce qu’il dit au Père. Et parce qu’ils nous l’ont transmise, nous aussi pouvons l’écouter – dans ce dix-septième chapitre de l’Évangile selon St Jean.
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Tuesday, November 13, 2007
5:19:49 PM EST
Jésus parlait à son Père en araméen, comme d’habitude, employant le familier Abba, cher papa. Jésus sait que l’heure cruciale est venue. Il demande d’être glorifié sur la croix peu glorieuse afin de glorifier le Père. Il médite sur le fait que le Père lui avait accordé l’autorité sur toute l’humanité pour que, par sa mort, nous puissions vivre.
Par parenthèse, l’écrivain de l’Évangile dit que ce don de vie éternelle est le don de connaître Dieu. Comme l’explique un érudit biblique : une telle connaissance n’est pas seulement une question de « compréhension intellectuelle ; elle est une question d’une relation personnelle. Le Père et le Fils se connaissent dans une mutualité d’amour, et par la connaissance de Dieu les hommes et les femmes peuvent entrer dans le mystère de cet amour divin, tout en étant aimés par Dieu et en l’aimant – et en s’aimant les uns les autres – en retour ». (F. F. Bruce)
Ah, le voilà : ce « modèle complet d’amour » ! Nous entrons « dans le koinonia (la communion) du Père et du Fils, qui » comme le note un autre, « est le cœur de la vie ». (George R. Beasley-Murray)
Jésus médite sur sa connaissance que tout ce qui lui appartient, appartient vraiment au Père. De quelle autre manière un bon Juif le verrait-il ? Mais il ajoute alors quelque chose d’impensable pour « un bon Juif ». C’est pourtant vrai. Il voit que tout ce qui appartient au Père, lui appartient aussi !
Il prie alors pour que ses disciples restent en sécurité. Mais quelle sécurité ? Il prie pour que, en leur révélant le Père, eux puissent connaître la sécurité de communion chrétienne qui est analogue à sa communion avec le Père.
Il témoigne qu’il a protégé les disciples, attentif à ce que aucun d’eux ne se perde, sauf Judas – responsable de sa propre chute. Le Père avait donné Judas à Jésus comme il lui avait donné les autres. Mais on peut être choisi pour être apôtre et choisir d’être apostat.
Jésus avait déjà assuré ses disciples que sa joie dans l’amour de son Père pourrait être la leur aussi. (15,11) Il leur avait demandé de prier pour cet amour joyeux. (16,24) Maintenant, ils l’entendent se confier à son Père qu’un tel amour joyeux est sa prière pour eux. Comment ? Par la parole de Dieu qui leur est donnée. (17,13)
Il comprend que le monde qui le hait, les haïra aussi. Ils l’entendent donc demander à son Père de les protéger. Nous entendons la même prière pour nous. Le Père se voit demandé de « les sanctifier [ainsi que nous] dans la vérité ». La Vérité sera notre abri pour que nous ne nous laissions pas prendre aux folies de ce monde perdu.
Or, nous entendons beaucoup qu’EC doit être un « abri ». Et ça, c’est OK, car certains ont été maltraités. Mais, définissons « la sécurité » de façon plus biblique. Jésus ne prie pas que nous soyons à l’abri des bigots de tout genre. Il prie que nous n’abandonnions pas sa vérité et que nous ne nous laissions pas tomber dans les pièges du mensonge et d’illusion.
Comme Stanley Hauerwas, théologien au Duke University, nous le rappelle, Jésus « ne promit pas de la sécurité à ses disciples. Ce sauveur offrit de nous libérer des peurs et des anxiétés que nous nous sommes infligés à nous-mêmes. Jésus le fait non en rendant nos vies ‘plus pleines de sens’ – bien que nous puissions découvrir que nos vies ont un sens renouvelé – mais en nous faisant membres de son corps et de son sang pour que nous puissions prendre part aux biens d’une communauté qui est une solution alternative au monde ». Donc, avertit-il, « ne vous étonnez pas qu’en tant que disciples du Christ vous êtes haïs et rejetés ». Il ajoute, d’un sourire typiquement ironique, « mais vous avez reçu une tache tellement merveilleuse que j’imagine que vous remarquerez à peine » la haine et le rejet. Les remarquons-nous ? Et pleurnichons-nous ?
Pourquoi pleurnicher ? Nous avons la Bonne Nouvelle à donner au monde qu’il ne peut pas se donner à lui-même – quoiqu’il le pense. Nous pouvons donner ce que tout l’intérêt personnel ne peut pas donner : la Bonne Nouvelle de Dieu de l’amour en Christ, crucifié et ressuscité !
Ses disciples l’entendent demander au Père de nous bénir, nous qui, dans le futur allions entendre parler de lui par eux. Nous, ici sur cette montagne ce matin, faisons partie de ceux pour qui Jésus priait dans ce jardin ce soir-là. Cet évangile de la grâce et la paix de Dieu en Christ nous a été transmis à travers une centaine de générations de ses disciples fidèles.
Jésus prie que l’Esprit de Dieu amène des disciples dans l’amour qu’il partage dans la divinité, pour que cet amour puisse être partagé avec ses disciples. Quel amour pourrions-nous désirer connaître qui est plus grand que l’amour de Dieu dans et pour Jésus et, par son Esprit, dans et pour et parmi nous ?
Or remarquez : Jésus ne conclut pas cette prière pour notre bien-être avec un « toutefois, que ta volonté soit faite, non la mienne » - comme il a conclu ses prières pour son propre bien-être cette nuit effroyable. Il connaissait le cœur de son Père. Il savait que ce qu’il priait pour nous était bien la volonté du Père.
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5:11:46 PM EST
Et Paul, lui aussi, savait que l’amour qu’il priait les chrétiens de vivre dans tous leurs rapports les uns avec les autres venait du cœur de Dieu même et était la volonté de Dieu même. Donc, Paul exprime souvent ses espérances pour l’amour dans ces prières. (cf. Phil 1,9 ; 1 Thess 3,12 ; 2 Thess 3,5 ; 2 Cor 8,16 ; 1 Thess 4,9)
Il est triste, cependant, que le sondeur principal du christianisme évangélique rapporte : « Chaque jour, l’Église devient de plus en plus comme le monde ». (George Barna) « De nombreuses études [montrent] que les chrétiens évangéliques sont susceptibles d’embrasser des styles de vie tout aussi hédonistes, matérialistes, égoïstes et sexuellement dépravés que le monde en général ». (Michael Horton) Et beaucoup de tels pratiquants doutent tellement de la grâce de Dieu qu’ils essaient de rendre Dieu redevable envers eux par le légalisme ou par des rituels.
Ces études nous trahissent-elles ? Nous qui sommes tellement assurés par l’amour du Christ, estimons-nous tellement l’affirmation de ce monde-ci que nous mendions son amour et sa reconnaissance, déguisant notre vocation dans le Christ en des placards d’injustice ? Ou sommes-nous tellement enchantés par nous-mêmes que nous nions être des pécheurs, bien que ce soit vrai, occupés que nous sommes dans les dédales du pharisaïsme ?
Or, Jésus a dit que c’était par notre amour que tous connaîtraient que nous sommes ses disciples – si nous nous aimions les uns les autres. (Jean 13,35) Mieux que tous nos efforts à faire culpabiliser, convaincre ou divertir les gens pour accepter le Christ, « l’amour de Dieu révélé dans Son peuple est l’apologétique la plus puissante que Dieu a dans le monde ». (F. F. Bruce) Donc, peu importe que d’autres croyants montrent peu d’amour, notre amour à nous est-il manifeste ? Dans EC, un tel amour est-il notre identité ?
Imaginez ce qui se passerait si nous embrassions tendrement nos camarades chrétiens qui ne sont pas encore parvenus à comprendre notre position sur l’homosexualité. Qu’est-ce qui se passerait si nous leur disions que nous croyions autrefois ce qu’ils croient encore, et que nous nous sommes donnés tout le temps nécessaire pour changer d’avis ? Si nous étions patients avec eux au lieu d’être méprisants ? Si nous arrêtions de les pousser à violer leur conscience ? Si nous, tout en gardant notre nouvel avis durement gagné, arrêtions de les haranguer et les aimions vraiment comme frères et comme sœurs dans le Seigneur ? Si nous pensons que ces propositions ne sont pas notre vocation chrétienne, il faut changer d’avis et dire une autre prière de confession. Et, qui sait, un tel amour pourrait les faire prendre conscience de quelque chose d’étonnamment familier !
De plus, si les évangéliques qui sont hétérosexuels et, naturellement, ne sont pas d’accord avec nous sur l’homosexualité, aimaient les homosexuels assez pour nous poser des questions sur notre expérience en tant que chrétiens engagés qui ne sommes attirés que par ceux de même sexe ? S’ils disaient qu’ils ne voulaient plus porter de faux témoignage contre nous et nous demandaient ardemment de leur raconter notre expérience ? Imaginez ce que cela signifierait pour nous, sans parler des incroyants LGBT.
Imaginez ce que cela pourrait signifier si tous les chrétiens prenaient au sérieux cette prière de Paul : « Que le Seigneur vous remplisse, jusqu’à en déborder, d’amour les uns pour les autres et envers tous les hommes ». (1 Thessaloniciens 3,12 ; cf. 5,15) Voilà une prière normative pour nous tous.
Or, bien sûr, un grand nombre d’évangéliques réalisent effectivement l’amour du Christ. À l’encontre du stéréotype des médias, les études sociologiques montrent que la foi chrétienne conservatrice a un lien direct avec la générosité. Les chrétiens conservateurs sont plus susceptibles de donner aux institutions caritatives religieuses et laïques, et de donner plus – quatre fois de plus – que les gens non religieux. Ils sont également plus susceptibles de donner leur sang. Les évangéliques soutiennent beaucoup plus de programmes de protection sociale que le font les libéraux – deux fois plus. Et tout cela fait partie de la tradition évangélique : les Wesleyens, l’Armée du Salut et les Pentecôtistes tels que Aimee Semple McPherson qui, dans ses beaux jours, a fait beaucoup plus pour les pauvres et pour les sans-abris de Los Angeles que la ville elle-même.
La Conférence Missionnaire d’Intervarsity de l’an dernier était la plus grande jamais réunie – 22.000 étudiants à Urbana. On y mettait l’accent sur tendre la main aux musulmans pour le Christ. Comme l’a dit Fauad Masri : « les musulmans savent que l’Islam ne marche pas [mais] ce n’est pas votre travail de convertir les musulmans, c’est de les aimer ».
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5:02:14 PM EST
Se rappelant les larmes que son mentor, Francis Schaeffer, a versées pour les non-chrétiens, John Fischer dit « Schaeffer était un dirigeant chrétien rare qui préconisait la compassion et l’empathie pour les non-chrétiens au lieu de les affronter ». Il note que « trop peu de chrétiens de nos jours cherchent comprendre pourquoi leurs ennemis pensent » ce qu’ils pensent ». Il reconnaît qu’« un trop grand nombre de nous sont trop occupés de rabaisser les féministes, les humanistes séculiers, les activistes gays et les libéraux pour prendre en considération pourquoi ils croient ce qu’ils croient ». Il admet : « il est difficile de pleurer pour ceux que nous avons déclarés comme ennemis ».
Sommes-nous, nous qui sommes gays ou lesbiennes tellement occupés de rabaisser ceux qui nous comprennent mal que nous les comprenons mal à notre tour ? Pleurons-nous pour nous-mêmes seulement ou pleurons-nous également pour ceux qui nous comprennent mal ? Il est effectivement difficile de pleurer pour ceux que nous ne considérons que comme des ennemis.
Mais réalisons que même un ennemi n’est pas simplement un ennemi. Cette femme-ci peut aussi être dans la peine ; cet homme-là peut aussi avoir peur. Ils sont également des âmes pour qui Jésus est mort. Et ils sont ceux que Jésus nous a demandé d’aimer.
Pouvons-nous voir nos ennemis sous un jour nouveau – en voyant le visage torturé mais indulgent de Jésus sur la croix : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » ? Si nous pouvons voir nos ennemis à travers les yeux de Jésus, plus possible de refuser de les aimer, car nous pouvons nous-mêmes être de tels ennemis de l’amour de Dieu et de Son amour pour nos ennemis. D’après Dottie Rambo : « Il a regardé au-delà de mon défaut et vu mon besoin ». Pouvons-nous regarder au-delà du défaut de notre ennemi et le voir dans le besoin ? Si nous le pourrons, nous trouverons plus facile de montrer l’amour par lequel nous sommes nous-mêmes aimés et auquel nous sommes appelés.
Or, certaines gens ne peuvent vraiment pas être catalogués comme « ennemis ». Mais nous leur tournons le dos. C’est « eux, pas nous ». Cependant, Dieu nous appelle à les embrasser, eux : les étrangers, les soi-disant inconnus : gentils appelés « chiens », esclaves appelés « sauvages », noirs considérés comme bêtes, femmes considérées comme marchandise, divorcés considérés comme « pécheurs »,homosexuels appelés « abominations » et les enfants à naître appelés « gouttes de protoplasme ».
D’ailleurs, il y a tous ceux que nous devrions aimer, mais nous les trouvons énervants. – Nous le trouvons énervant, lui. – Et alors ? S’il nous rappelle d’une partie de nous-mêmes qui nous gêne, pourquoi cela nous empêche-t-il de chercher son bien-être ? Cela ne nous empêche de chercher notre propre bien-être. – Mais elle est si récalcitrante. – Et alors ? N’êtes-vous pas un peu récalcitrant, vous ? Ou ne l’avez-vous pas entendu ? Walt Hearn nous rappelle : « Il y a un tas de cinglés* dans le cake aux fruits du Seigneur ». Lorsqu’on a demandé au théologien Karl Barth si nous verrions nos proches au paradis, il a répondu : « pas seulement les proches ! »
Au début de l’Évangile selon Saint Matthieu, on nous dit que le bébé Jésus est Emmanuel, « Dieu est avec nous ». À la fin de cet évangile, on nous dit que le Jésus ressuscité a promis à ses disciples : « je suis moi-même avec vous chaque jour, jusqu’à la fin du monde ». Que ce fût un idiotisme pour l’éternité ou que cela signifiât « jusqu’à mon retour », c’était une promesse que Dieu seul pouvait tenir. C’était la promesse répétée du Dieu-Alliance d’un bout à l’autre des Écritures : « je ne te délaisserai pas et je ne t’abandonnerai pas ». (e.g. Deut 31,6 ; Josué 1,5 ; Matt 28,20 ; Héb 13,6)
Dieu seul peut tenir une telle promesse. Aucune mère ne le peut, bien que par son dévouement à son enfant chéri, elle désire profondément le faire. Aucun père ne le peut, aussi grand que soit son amour. Et tout passionné que soit l’amour d’un mari ou d’une femme, ni l’un ni l’autre ne peuvent tenir une telle promesse d’amour durable. Dieu seul tient une promesse d’amour comme cela.
Vous savez ce que c’est, le plus grand amour connu en Dieu seul, en Christ ? Le connaître, Lui et Sa paix réconfortante que ce monde ne peut pas donner, c’est connaître la paix qui surpasse tout ce qu’on peut concevoir parce qu’elle demeure au cœur même de l’Amour Insondable.
En 90 après J.-C. environ, Jean a écrit à ses camarades chrétiens : « Mes chers amis, aimons-nous les uns les autres, car l’amour vient de Dieu. Celui qui aime est né de Dieu et il connaît Dieu. Qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour. Voici comment Dieu a démontré qu’il nous aime: il a envoyé son Fils unique dans le monde afin que nous vivions par lui. En ceci consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés; il a envoyé son Fils qui s’est offert en sacrifice pour le pardon de nos péchés. Mes chers amis, puisque Dieu nous a tant aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres. … Mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous et en nous son amour est accompli ». (1 Jean 4,7 et seq.)
* Voici un calembour difficile de traduire. En anglais nut peut signifier noix ou cinglé. (“There are a lot of nuts in the Lord’s fruitcake.”)
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4:53:14 PM EST
Comment pouvons-nous répondre à l’appel à l’amour chrétien ? D’abord, un appel implique une Personne qui appelle. Et Jésus-Christ est Celui qui appelle. Lorsqu’on a demandé à Karl Barth de résumer l’œuvre de sa vie, sa théologie systématique en plusieurs volumes, il a simplement cité un hymne simple de son enfance : « Jésus m’aime ! Cela, je le sais, car la Bible me le dit ». Celui qui a créé tout l’espace-temps nous a créé tous à Son propre image – unité en communauté – afin que nous puissions connaître Son amour, personnellement, et, dans Son amour, L’aimer et nous aimer les uns les autres. Êtes-vous prêts à aimer avec l’amour par lequel vous êtes déjà aimés ?
Nous sommes appelés à aimer « à l’exemple du Christ ». Cela semble-t-il trop difficile ? Ce ne l’est pas si l’amour du Christ est le fondement même pour réaliser l’appel ? Lui est « le Chemin » à suivre pour le réaliser ? S’il nous a tant aimés qu’il a donné sa vie afin que nous puissions vivre, ne sommes-nous pas libérés de toute notre égoïste et de cette anxieuse soif d’affirmation qui ne vaut rien ? Puisque nous sommes aimés tellement généreusement, ne sommes-nous pas libérés pour aimer ?
A.W. Tozer nous rappelle : « Quand notre Seigneur nous a regardé, Il n’a pas vu seulement ce que nous étions. Il était fidèle en voyant ce que nous pourrions devenir ! » Jésus a vu ce que nous pourrions devenir en lui : sa famille éternellement aimante, ensemble, dans la Maison de notre Père. Mais n’avons-nous pas tendance à ne pas imaginer tout ce que nous pouvons devenir en Christ et à travers tous les feux purifiants de ce séjour ? Oui, ici et maintenant, « ce que nous serons un jour n’a pas encore été rendu manifeste », comme le note Jean, mais « nous serons semblables à lui » ! (1 Jean 3,2)
Cette espérance éclipse tellement ce qu’un autre Jean pouvait « Imaginer » ! John Lennon n’a imaginé qu’un rêve de sentimentalité impuissante dénuée de l’amour sacrifiant de l’Imagination de Dieu. « Imaginez qu’il n’y a pas de paradis… au-dessus de nous rien que le ciel » ? Mais où dans tout ce ciel vide est l’Amour qui nous aime pour que nous puissions aimer ? N’existe-t-il vraiment « rien… pour qui mourir » ? Où dans toute la naïveté de Lennon est l’Amour qui est mort pour nous et qui nous appelle à mourir à nous-mêmes et être relevés à la Vie d’Amour éternel ?
Paul McCartney chante : «seul l'amour demeure». Mais un tel amour demeure pendant combien de temps ? Un tel amour peut demeurer pendant combien de temps ? Pas longtemps. L’amour de ce monde, avant très longtemps, est défiguré et se désintègre en doute, déception, désenchantement, division, dissimulation, divorce, démence et, enfin, décès ? Sir Paul sait très bien que rien d’un tel amour ne demeure.
Sir John Polkinghorne, physicien et prêtre anglican, le sait, lui aussi. Mais il sait quelque chose de plus. « La science, dit-il, nous dit, évidemment, que nous allons tous mourir. … Elle nous dit également que l’univers va mourir sur une échelle de temps beaucoup plus longue ». Il demande donc : « À quoi bon, tout cela ? Si vous regardez simplement à travers les yeux de la science, je pense que vous poserez cette question mais ne pourrez pas trouver la réponse. Mais si… vous croirez que derrière la fertilité et l’histoire du monde existent la volonté et le but d’un créateur, vous croirez donc que les buts de Dieu ne seront pas contrecarrés par la mort, ni par la mort humaine ni par la mort cosmique, et que Dieu doit donc avoir un autre destin qui nous attend – et qui attend la totalité de la création au-delà la fin du monde ».
Eh bien, l’amour imparfait de Paul McCartney ne peut pas demeurer. Mais un autre Paul chante d’un « amour [qui] n’aura pas de fin. Les prophéties cesseront. Les langues inconnues prendront fin. Et la connaissance particulière cessera. … Aujourd’hui nous voyons d’une manière obscure, au moyen de [ces petits miroirs pitoyables en Mylar]. Mais alors nous verrons face à face. Aujourd’hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j’ai été connu. Maintenant trois choses demeurent : la foi, l’espérance et l’amour, mais la plus grande d’entre elles, c’est l’amour [qui] ne cessera jamais. Donc », comme le dit Paul, « suivez le chemin d’amour. (1 Cor 13,8; 13,12 et seq.; 14,1)
L’amour de Dieu transforme notre égocentrisme en le centre de notre vrai moi.
Quand nous ne sommes plus obsédés par nous-mêmes, nous trouvons notre vrai moi avec « Christ en nous, l’espérance de la gloire » ! (Col 1,27) Ainsi, né de nouveau, Charles Wesley avait une nouvelle chanson à chanter. Et il l’a chantée, non avec un sentiment que tout lui était dû, mais avec étonnement. Il a chanté avec gratitude pour tout ce que l’amour de Dieu signifiait désormais pour lui – si personnellement ! « J’ai senti le sang expiant de mon Seigneur / appliqué près de mon âme ; / Il m’aimait, moi – le Fils de Dieu, / pour moi, pour moi, Il est mort ! / Ô que j’aie mille langues pour chanter / les louanges de mon cher Rédempteur ! / Les gloires de mon Dieu et Roi, / Les triomphes de Sa grâce ».
Dieu nous aime, si personnellement, maintenant et pour toujours, pour que, dans le pouvoir de l’amour de la Croix, nous puissions L’aimer et nous aimer les uns les autres, si personnellement, maintenant et pour toujours. N’êtes-vous pas joyeux d’être aimés ainsi ? et de pouvoir aimer ainsi ?
© 2007 Ralph Blair. Tous droits réservés. Traduction : F.W.
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