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La vie surabondante ?

Public Journal
Ce discours du Dr Blair a été donné à la ConnECtion d'Evangelicals Concerned en 2006.  C'est le texte complet. Archives | Subscribe to Alerts Alerts Subscribe to Alerts | Feeds
   
Monday, September 24, 2007
11:36:37 AM EDT

La vie surabondante ?

by Ralph Blair

Jésus a dit à certains Pharisiens: « Le voleur ne vient que pour voler, égorger et faire périr. Moi, je suis venu pour qu’on ait la vie et qu’on l’ait surabondante ». (Jean 10,10)

Qu’est-ce que la vie surabondante ? Avez-vous des avis ?

D’accord. Ça suffit de vos avis ! Quel est mon avis ?

D’accord. Ça suffit de mon avis !

Qu’importent les avis sur la vie surabondante ! Ils sont hors de propos. La vie surabondante ne se compose pas de ce qu’on pourrait supposer.

Avez-vous répondu « qu’importe ! » quand je vous ai demandé votre avis ? Quand je vous ai interrogé sur mon avis, j’ai bien remarqué certains d’entre vous qui roulaient les yeux et marmottaient « qu’importe ! » Qu’est-ce que cela a signifié ? Cela a signifié que certains coquins peuvent trouver les mots justes pour la mauvaise raison.

Dans les années 20, on demanda à certains pasteurs et érudits bibliques éminents de contribuer des essais pour une anthologie dont le titre serait Mon idée de Dieu. Voilà comment J. Gresham Machen commença son essai :

Si mon idée de Dieu était effectivement la mienne, développée de ma propre conscience intérieure, moi, j’y accorderais peu d’importance, et, certes, je m’attendrais à ce que d’autres y accorderaient encore moins. Si Dieu n’est qu’un fait d’expérience humaine, si la théologie n’est qu’une branche de la psychologie, alors, pour ma part, je cesserai entièrement de m’intéresser au sujet. Le seul Dieu dont je puisse me soucier est celui ayant de l’existence objective, une existence indépendante de l’homme. Mais s’il existe véritablement et indépendamment un tel Être, il semble peu probable qu’il puisse y avoir aucune connaissance de Lui à moins qu’Il ne choisisse à se révéler. … Je rejette donc la tendance entière à subjectiviser en religion, qui est tellement populaire à présent.

Le subjectivisme demeure l’air asphyxiant qui nous étouffe. Lors d’une réunion récente du Network of Spiritual Progressives, Tony Campolo les mit en garde : « on n’a pas le droit d’être leader spirituel sans avoir lu les Écritures. … Si nous ne reconnaissons pas cela, nous ne savons rien ». Comme on pouvait s’y attendre, un subjectiviste qui ne savait rien prit la parole : « Je croyais que c’était un colloque pour les progressistes spirituels. Je ne veux pas de validation par quelque chose d’autre que nous-mêmes ».

Anne Lamott porte un coup au subjectivisme en disant : « Vous pouvez supposer, sans risque d’erreur, que vous avez créé Dieu à votre image quand il s’avère que Dieu hait exactement les mêmes personnes que vous ».

Mais si Satan peut citer les Saintes Écritures, les subjectivistes le peuvent aussi – ceux de droite et de gauche. Un philosophe demande : « Laissons-nous véritablement le Texte [des Écritures] gouverner notre façon de voir … ou sommes-nous plus captivés par les histoires et textes d’une culture consumériste ? » (James K.A. Smith) Saint Augustin nous avertit il y a bien longtemps : « Si vous croyez ce qui vous plaît dans les Évangiles, et rejetez ce qui ne vous plaît pas, vous ne croyez pas en l’Évangile, mais en vous-même ». Et plus il nous semble que les Saintes Écritures gênent ou corroborent ce que nous pensons déjà, plus il est probable que nous céderons à la tentation de projeter.

Si, en tant que chrétien hétérosexuel, on lit que la Bible demande qu’on traite tout le monde de la même façon qu’on aimerait être traité soi-même, ne pourrait-on être tenté de déformer le texte en ce qui concerne les activistes gays ? Si, en tant que chrétien homosexuel, on lit de cette Règle d’Or, ne pourrait-on être tenté de déformer le texte en ce qui concerne les homophobes de droite ? Si, en tant que chrétien hétérosexuel, on lit que la Bible interdit l’homosexualité, a-t-on des raisons de l’examiner de plus près ? Si, en tant que chrétien homosexuel, on lit que la Bible interdit l’homosexualité, a-t-on des raisons de l’examiner de plus près ?



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11:29:43 AM EDT

Quelle est la longueur de nos listes de versets bibliques que nous jugeons particulièrement gênants, ou particulièrement utiles, pour nos propres suppliques spéciales ?

Si nous ne consultons personne que nous-mêmes, même dans les opinions d’autres sélectionnées de façon intéressée, nous pouvons concocter toutes sortes d’idées sur une prétendue vie surabondante. Mais quel que soit la diversité apparente, elle est entièrement enfermé dans un circuit fermé d’égocentrisme auto-référant. Puisque le soi se désigne comme arbitre final, le circuit est court-circuité, mais c’est inévitable. En nous leurrant, pourtant, nous supposons que nous constituons nous-mêmes le centre de la vie, voire la vie surabondante. Mais seulement avec la Parole venue d’Au-delà de notre monde peut le papotage avec soi être contré par la clarté de la Vérité : on a besoin de beaucoup plus que soi ! – notre Créateur l’a dit. (Genèse 2,18)

Deux sociologues téléphonèrent à des adolescents et leurs parents dans 3.000 ménages américains et assurèrent le suivi en menant près de 300 entretiens en tête-à-tête. (Christian Smith) Leur centre d’intérêt était la religion et la spiritualité. La plupart des jeunes indiquèrent être chrétiens et la moitié d’entre eux énoncèrent que la foi leur était très ou extrêmement importante.

Que pensent-ils de la vie surabondante ? Ils en pensent : « Le but central de la vie est d’être heureux et de s’estimer soi-même ».

Le but central de votre vie est-il d’être heureux et de vous estimer vous-même ? Or ne changez pas votre réponse de façon à être heureux et vous estimer vous-même !

« Bonne Anniversaire ! » « Bonne Année ! » « Bonjour ! » « Heure du cocktail » Ces expressions pourraient-elles être des allusions au fait que le bonheur n’est que transitoire ?

Vous rendez-vous compte que cette obsession d’être heureux et de s’estimer soi-même n’existe que depuis moins de quatre cents ans ? (Darrin McMahon) Au milieu du 19e siècle, Thomas Carlyle en avait eu assez de ces balivernes. Il l’écrivit : « Chaque freluquet pitoyable qui marche dans une peau a la tête remplie de l’idée qu’il est, sera, ou par toutes les lois humaines et divines devrait être ‘heureux’ ». George MacDonald, dans son roman The Hardness of the Way, nous avertit : « Rendre un homme heureux comme un roi pourrait lui nuire de façon significative ».

Longtemps après son adolescence Malcolm Muggeridge écrivit : « Je me souviens des expériences qui m’étaient particulièrement dévastatrices et douloureuses à cette époque, mais qui me donnent maintenant satisfaction particulière. En effet, je peut énoncer avec sincérité totale, que tout ce que j’appris pendant mes 75 années dans ce monde, tout ce qui améliora et éclaira vraiment mon expérience, vint par l’affliction et non par le bonheur ».

Le malheur peut être un avantage – et non seulement parce que, si on est suffisamment déprimé, on n’aura pas assez d’énergie pour se tuer. Paul savait que la détresse produit la patience et la patience produit la résistance à l’épreuve. (Romains 5,3) On mûrit en traversant les épreuves. Je rappelle à mes clients que, sans ennuis, ils n’auraient jamais commencé une psychothérapie où ils apprennent les outils pour survivre maintenant employés tous les jours.

En ce moment, il se peut que certains d’entre vous vous demandent : dit-il qu’on aurait tort d’essayer d’être heureux et de s’estimer soi-même ? – Bien sûr. – Mais n’a-t-on pas le droit d’être heureux ? – Non. Et si on l’avait bien, qui le mettrait en vigueur ? À moins qu’on ne changera d’avis sur un besoin de s’estimer soi-même et sur un droit d’être heureux, on finira par être plus malheureux qu’on le serait autrement.



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11:22:05 AM EDT

Mais, dites-vous, ne doit-on pas essayer de s’estimer soi-même ? – Pas nécessairement. – Mais, dites-vous, voilà pourquoi j’ai commencé une psychothérapie : pour m’estimer moi-même. − Les sociopathes sont remplis d’« estime de soi » ! – Mais, dites-vous, vous exercez la psychothérapie depuis très longtemps. Ne donnez-vous pas plus d’estime de soi à vos clients pour qu’ils s’estiment eux-mêmes ? – Non. Et à moins que nous ne changerons d’avis sur le besoin de nous estimer nous-mêmes, le fait que nous nous estimons peu sera encore plus difficile à supporter.

Ce n’est pas seulement dans le cortex cérébrale encore développant d’un adolescent que le raisonnement est dupé pour lui faire avoir une dépendance impulsive à être heureux et à s’estimer lui-même. Ce ne sont pas seulement les adolescents qui consacrent trop de temps, d’énergie et d’argent à s’efforcer d’être heureux et de s’estimer eux-mêmes.

Pourtant, le problème n’est pas le manque d’estime de soi, mais l’estime de soi égocentrique.

Considérez comment vous pensez à vous-même. C’est avec votre cerveau. Considérez votre jugement que vous ne soyez pas à la hauteur. Cela existe dans votre cerveau. Voilà pourquoi vous ne vous estimez pas vous-même – vous vous jugez (dans votre cerveau) inacceptable. Donc, (dans votre cerveau) vous croyez avoir besoin de plus d’estime de vous. Mais si vous croyez ne pas être à la hauteur, pourquoi pensez-vous que votre jugement soit satisfaisant ? Et pourquoi estimez-vous tant l’idée que la solution se trouve dans plus d’estime de soi ?

Vous vous croyez – quoi ? pas assez beau, pas assez brillant, pas assez important, pas assez aimé ? Et alors, vous vous découragez de façon irrationnelle, supposant que les cerveaux d’autres doivent penser les pensées dans votre cerveau. C’est idiot ! Ils n’emploient pas votre cerveau ! Il se peut que vous ne soyez pas si brillant, après tout !

Le monde tourne autour de vous, hein ? Donc vous ne manquez pas d’estime de vous ! Est-ce que les autres sont aussi obsédés de vos pensées que le sont vos pensées ?

Est-il vraiment si difficile d’imaginer que les autres ne s’inquiètent pas parce que vous ne vous croyez pas suffisamment ceci ou cela ? Si jamais votre vœu était exaucé et tout le monde vous jugeait aussi impressionnant que vous en rêvez, ils s’en feraient pour cela. Puis, préoccupés par des nuits blanches et par des idées qu’ils ne soient pas aussi impressionnants que leur fantaisie de vous, leur jalousie n’aboutirait pas aux opinions flatteuses que vous désirez.

Pourquoi les journaux tabloïdes se vendent-ils tellement bien ? Ceux ayant de piètres opinions d’eux-mêmes dévorent le commérage des gens riches et célèbres qu’ils envient. Pourtant, plus on gagne, plus on dépense. Plus on a, plus on veut. Et même après avoir tant acquis, ce n’est jamais assez, parce qu’on n’y comprend rien !

Ne savons-nous pas que plus nous rêvons de richesses et célébrité sans conséquences négatives, plus nous nous préparons pour la déception ? Ne savons-nous pas que plus nous en acquérons avec des résultats inévitablement mitigés, plus nos espérances irréalistes de ne pas avoir de résultats négatifs ne feront que nous décevoir ?

Peut-être dites-vous : « Mais je ne veux être ni riche ni célèbre. Je ne veux que m’estimer davantage. Est-ce tellement inconvenant ? » On insère ce petit mot « que » pour détourner l’attention de tout ce qu’on essaie faire mais ne peut avouer.

Alors, vous affirmez ne vouloir « que » vous estimer davantage. En fait, ce n’est pas tout à fait cela. À vrai dire, ce que vous essayez, c’est de vous convaincre que d’autres ont davantage d’estime pour vous que vous n’en avez pour vous-même. Quand vous vous inquiétez de l’impression que vous faites, exactement qui voit cette version de « vous » ? En réalité, personne sauf vous. Mais puisque vous ne vous en rendez pas compte, vous vous inquiétez que les autres pensent de vous de la même façon.

Supposez que vous alliez passer le restant de votre vie sur une île déserte. C’est une île agréable mais vous seriez seul outre les oiseaux et outre les poissons. Vos ennuis sur les opinions d’autres auraient cessé, non ? Vous vous jugeriez encore insuffisamment beau ou insuffisamment brillant, mais cela ne vous inquiéterait pas parce que vous ne vous soucieriez pas des opinions des oiseaux et des poissons.

Mais il ne faudrait pas voyager à une île déserte. Votre cerveau est assez vide – d’autres gens. Et c’est dans votre cerveau que votre version de « vous » est naufragée. Personne ne va pas y entrer. Votre secret est donc enfermé à l’intérieur de votre crâne. Problème d’estime de soi ? Résous ! Je vous enverrai la facture.

Si nous étions tout à fait contents de nous-mêmes, nous nous ennuierions, nous serions des cuistres autosatisfaits, ou bien nous nous abuserions. Voudriez-vous répéter le cours préparatoire ? Où serait la « fluidité »* en cela ? Voulez-vous vous contenter d’une existence autosuffisante quand il y a tellement davantage à connaître ? Voulez-vous être inconscient de votre vrai besoin de progrès personnels ?

Le bonheur n’est pas fondé sur la coïncidence. On interprète la coïncidence. Contestez donc vos interprétations de coïncidence. Vous aurez peut-être besoin de changer d’avis, car toute coïncidence dans ce monde n’est pas ce qu’elle devrait l’être. Ce monde est perdu et ne peut pas se réparer lui-même. Regardez autour de vous. Regardez vous-même. Regardez-moi. Rien n’est comme il devrait l’être. Et si nous nous attendons à ce qu’il sera quelque chose d’autre qu’un monde perdu, nous causerons encore plus de déception, désenchantement et désespoir pour nous-mêmes.

À moins que nous ne soyons prévenus que les expectations irréalistes aboutissent à la douleur et à la frustration, nous ne serons pas préparés. Notre réponse alors peut être le nihilisme furieux et le cynisme défensif qui ne peuvent qu’aggraver notre problème.

Les idées de la vie abondante sont lourdes d’expectations. Alors, nous devons essayer de nous assurer que nos expectations soient réalistes.

_____________________

*L’idée de cette « expérience optimale » de fluidité mentale a été introduite par Mihaly Csikszentmihaly, professeur de psychologie, dans son livre Flow : The Psychology of Optimal Experience, parut en 1990 aux E-U.



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11:11:48 AM EDT

Ce monde est rempli de promesses mensongères d’une vie abondante. Alors, pas surprenant qu’il y ait tant de déception, de désenchantement et de désespoir. Et pas surprenant qu’il en découle tant de frustration, de colère et de cynisme.

Nous vivons, de nos jours, dans une abondance matérielle telle que le monde n’en a jamais connu. Toutefois, comme le remarque un historien économique, pour résultat, nous avons également toute cette impatience, cette dépendance, cette obésité, cette déstructuration des familles et ce désespoir. (Avner Offer) Un grand désir de quelque chose de plus est évident. Le désir lui-même devrait être une incitation à chercher ailleurs la vie abondante.

La parfum de Celine Dion, Belong, peut-elle vraiment apporter le sens d’appartenance que désirent les ambitieux ? Une Porsche peut-elle vraiment être « une carrosserie fabriquée pour le péché et pour la séduction incarnée en tôle [alors que] la contour caractéristique de sa toit arque devant des hanches fermes et musclées » ? Ralph Lauren peut-il vraiment être « L’expérience ultime » – même après avoir changé de nom ? « L’expérience ultime : Lipschitz ! » Et la dernière mode, c’est le papier toilette – le papier toilette noir. La prétention de son promoteur : « Au sens design, [il signifie] l’irrévérence, … violer les règles et établir des règles nouvelles. Au fond, au sens culturel [il] nous invite à défoncer tout ce qui pourrait être aussi restrictif que le bon sens ». (Paulo Miguel Pereira da Silva) D’après un autre fashionista qui se montre bête à manger du foin : « ça a tellement l’air Halston, des boules de cocaïne ». (Miles Redd) Et certains pensaient qu’il est question de parfumé ou non parfumé !

Une autre approche manquée de la vie abondante est le réductionnisme de la politique d’identité et de l’orgueil – les esprits isolants de séparation et de préoccupation paranoïde avec ‘nous’ contre ‘eux’ : nationalistes, ethnocentriques, racistes, sexistes. L’orgueil pointe le doigt de reproche. La politique d’identité identifie des personæ non gratæ. Obsédés d’eux-mêmes, certains se mobilisent de façon intéressée autour de leur politique égoïste et de leur orgueil bien-pensant alors que d’autres, également obsédés d’eux-mêmes, se mobilisent de façon intéressée autour de leur politique égoïste et de leur orgueil bien-pensant. Quelle jolie image de communauté !

Bien entendu, chacun de nous est tellement plus complexe que nous ne le prétendons dans les affectations d’« identité » et dans les prétentions d’orgueil. Un lauréat Nobel attaque « la violence d’identité [qui] considère les êtres humains comme des membres de précisément un groupe ». (Amaartya Sen) Ironiquement, les demandes les plus fractionnels pour la « diversité » focalise l’attention sur une telle identité unidimensionnelle. Ne sommes-nous vraiment rien de plus que Hatfield ou McCoy, sunnite ou chiite, Hutu ou Tsutsi, noir ou blanc, catholique ou protestant, femme ou homme, homo ou hétéro ? Comment l’identité d’un être humain s’épuise-t-elle dans les identités d’Aryan Nation, Queer Nation, Sinn Fein, le JDL, l’ADL, al Qaeda, la Mafia, le Ku Klux Klan ou les « Crips » ?

Le sage hébreu le dit : « l’orgueil précède la ruine ; un esprit fier annonce la chute ». (Proverbes 16,18) C’est parce que l’orgueil est si souvent une affectation étayant une confiance en soi artificielle. Préoccupé des anxiétés d’échec, l’orgueil rate la cible et s’autodétruit.

Une identité myope n’était pas la vision de Martin Luther King, Jr. Mais lorsqu’il se prononça en faveur des gens hors de « son propre » groupe – comme il le fit sur le Vietnam – le NAACP, le New York Times et d’autres l’attaquèrent pour avoir détourné l’attention des luttes de « son propre » peuple. Mais il se souciait de tout le monde. Sa veuve également. Coretta Scott King a parlé en faveur du bien-être des LGBT – à la consternation de beaucoup d’entre eux dans son entourage, y compris l’une de ses filles.

On peut cataloguer les chrétiens selon la race, le sexe, l’orientation sexuelle ou quoi que ce soit, mais l’identité d’un chrétien est « en Christ », dans qui « il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y plus ni esclave ni libre, il n’y a plus homme et femme ». (Galates 3,28) Identifiés « en Christ » nous devons aimer même nos ennemis. Nos crises d’identité se résolvent en Christ, dans lequel nous pouvons être disciples chrétiens en diversité.

« Party-n-play » est l’argot Internet pour une autre approche de la vie abondante – le sexe sous l’influence de drogues. Voilà un non-sens triste d’une édition récente du Gay City News : « De nos jours, les rues sont à peu près tout ce qui reste. Puisqu’on prend actuellement pour cible les lieux de divertissement gays comme les bains publics et comme les bars sexe, et on inhibe généralement notre amusement sensuel, il est presque temps pour une autre insurrection. Hélas, New York n’est plus la Ville de Plaisir ». (David Noh) L’écrivain pleurniche sur la perte de ce qu’il appelle « cette période incroyablement libre à partir de la Rébellion Stonewall (1969) jusqu’aux premiers cas de SIDA (1981). … un temps pendant lequel les homos s’inventaient eux-mêmes tous les jours dans une atmosphère incontrôlée de possibilités sexuelles apparemment illimitées ». Comme la nostalgie peut être naïve !

Une telle idiotie convainc des milliers de gays d’aller aux « circuit parties », coûtant des millions de dollars, de Fire Island à Palm Springs, remplis de drogues psychotropes, d’alcool, de sexe et de MSTs.

Alors, si on ne peut trouver la vie abondante en soi, en estime de soi ou bien en une version orgueilleuse de soi projetée sur le monde, et si on ne peut la trouver en subjectivisme, en sensualité ou en l’excès sexuel de la « Circuit Party » ou bien en un surplus sot de trucs, peut-être qu’on peut trouver la vie abondante en – spiritualité<.I> ?

Les acheteurs de « spiritualité » choisissent les marques d’« esprit » de la même façon qu’ils choisissent tout le reste – pour se plaire à eux-mêmes. Mais n’avons-nous pas remarqué comment on ne peut trouver la vie abondant en soi ou tout seul ?

La « spiritualité » comme loisir est populaire – avec ou sans la religion « organisée ». Mais il ne faut pas dire que certains veulent de la religion non organisée – mais plutôt qu’ils veulent l’organiser selon leurs propres idées – comme le fit le jeune « progressiste » qui railla Campolo quand il nous poussa à suivre l’exemple des Écritures. Ils ne se rendent pas compte qu’ils avalèrent les esprits des temps qu’ils régurgitent alors comme leurs propres idées.



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11:07:40 AM EDT

D’autres vont à l’église – pour amusement : un peu de Bach avec encens, cloches et sherry, ou bien un peu de Rock avec « louange et adoration » et Pepsi. Un experte de culte remarque que, tristement, le culte de nos jours semble exister pour « le bonheur individuel ». (Sally Morgenthaler) Et, je suppose, les voleurs de spiritualité n’accepteront rien de moins.

Un critique social affirme qu’il « est en train de revoir des vidéos chrétiennes, de lire des livres chrétiens et d’examiner du matériel éducatif chrétien, [et il est] tellement frappé par le fait que tant de ce matériel chrétien ne dit rien sur Jésus-Christ ». (Gene Edward Veith) Pourquoi le dirait-il ? Ce que Jésus-Christ requiert n’est pas ce que cherchent un bon nombre de chercheurs de « spiritualité ».

Gloria Gaither réprimande les leaders « louange et adoration » qui « feuillettent les Psaumes pour cueillir ça et là quelques lignes positives ». Elle fait remarquer que « la plupart des Psaumes traitent de se frapper la poitrine, de se plaindre, de ‘je ne sais si Dieu existe’ et de ‘je ne sais où Il est allé’ … Enfin le psalmiste résout quelques problèmes – et puis on trouvera un petit verset et le projettera sur l’écran le dimanche matin. Mais, demande-t-elle, pourquoi vous croyez-vous avoir le droit de prendre son verset qu’il a payé si vous ne savez pas combien il a payé pour l’y mettre ? … Simplement arriver le dimanche matin et commencer par le dernier verset ? Je ne crois pas que vous en ayez le droit ». Elle a raison.

Dans le poème The Ballad of Reading Gaol, Oscar Wilde, humilié, y réfléchit : « Le Seigneur Christ pourrait-il entrer autrement que par un cœur brisé ? » Francis Schaeffer le dit : « Pour les chrétiens, c’est une erreur d’agir comme si faire confiance au Seigneur et pleurer n’étaient pas compatibles ». Ira Stanphill l’exprime poétiquement : « Il m’a lavé les yeux avec des larmes pour que je puisse voir ».

Les larmes et les cœurs brisés de chagrin, de remords et de repentir sont fondamentales pour la vie surabondante. Mais ce n’est pas ce à quoi s’attend tant de la culture pop – qu’elle soit chrétienne ou séculière.

Dans un de leurs hymnes favoris, les indiens Comanches chrétiens des plaines du Sud chantent : « Jésus va nous gêner, parce que Jésus est tellement bon qu’il ne nous laissera pas nous reposer ». Pensez-vous que cet hymne aurait du succès dans bien des cercles chrétiens d’aujourd’hui ? « Jésus va nous gêner » ? « Il ne nous laissera pas nous reposer » ? Ces Comanches chrétiens chantent sur la vie abondante mais gênante et sans repos d’un disciple de Jésus.

Jésus bouleverse nos assomptions, nos priorités et nos « valeurs familiales ».

Les parents de Jésus, affolés de ne pas savoir où pouvait être leur jeune fils dans la grande ville, le trouvèrent enfin dans le Temple. Ils lui demandèrent pourquoi il les effara tant et il leur répondit de façon pragmatique : « Ne saviez-vous pas que je dois m’occuper des affaires de mon Père? » (Luc 2,41-49) Luc indique qu’ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait. Alors, à votre avis, qu’est-ce qu’ils ressentirent ? Pleurez, Marie et Joseph, et progressez vers la vie surabondante !

Quand le vin se mit à manquer aux noces à Cana, Marie demanda à son fils d’aider. La réponse de Jésus : « Femme, qu’y a-t-il entre moi et toi ? » (Jean 2,1-10) En français, cela semble inconvenant. Pas en araméen. Mais elle suggère quelque distance entre eux, car « ‘mère’ est précisément ce qu’il ne l’appela pas ». (F. F. Bruce) À votre avis, qu’est-ce qu’elle ressentit ? Pleurez, madame, et progressez vers la vie surabondante !

Et voilà Marthe, qui essayait peut-être de vivre selon les principes de Martha Stewart en prêtant tant d’attention à ses invités – ce qui était « une bonne chose ». Mais elle ne reçut aucune aide de sa sœur Marie, assise aux pieds de Jésus, écoutant tout ce qu’il disait. Lorsque Marthe demanda à Jésus de faire Marie l’aider, que Jésus dit-il ? « Marthe, Marthe, tu te soucies des choses qui ne sont pas aussi importantes que ce que Marie choisit ». (Luc 10,38-42) À votre avis, qu’est-ce que Marthe ressentit – même avec la gentillesse du reproche de Jésus ? Pleure, Marthe, et progresse vers la vie surabondante !

Un spécialiste de la Loi dit à Jésus qu’il le suivrait n’importe où. Jésus lui conseilla de repenser son offre car « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer sa tête ». (Matthieu 8,19-22) Un autre prétendu disciple lui demanda : « permets que j’aille d’abord enterrer mon père ». Jésus lui répondit : « Laisse aux morts le soin d’enterrer leurs morts ». Un autre lui demanda : « permets-moi d’abord de faire mes adieux à ma famille ». Jésus répondit : « On ne peut avancer en regardant en derrière ». (Luc 9,59-62) À votre avis, qu’est-ce que ces prétendus disciples ressentirent, se croyant sans doute raisonnables, quand il leur dit cela ? Il est probable qu’ils s’offensassent, se fâchassent et marmottassent peut-être quelque chose comme : alors, va au diable, Jésus !

Pensez-vous que Jésus leur demanda trop ? N’avait-il pas dit : « Venez à moi, vous tous qui êtes accablés sous le poids d’un lourd fardeau, et je vous donnerai du repos » ?

Alors, il promit en effet du repos pour tous ceux qui étaient accablés sous le poids du légalisme mais qui prenaient au sérieux être au service du Seigneur. Toutefois, vous souvenez-vous qu’il ajouta quelque chose concernant un joug ? (Matthieu 11,28-30) Un joug n’est pas pour le repos. C’est pour le travail. Le joug sous lequel il nous invite à mettre nos cous existe pour partager le fardeau avec Lui pour que notre travail soit allégé, non éliminé.

Et n’ajouta-t-il pas quelque chose portant sur « vos âmes » – le repos pour votre âme, le moi le plus profond – vous-même ? Voilà le repos dont nous avons besoin. Un érudit biblique l’explique : « Rien de cela suggère que [suivre Jésus] ne soit pas extrêmement éprouvant ou exigeant ». (Craig L. Blomberg) Un autre érudit constate que, pour Jésus, « ‘facile est la route qui mène à la perdition’ (Matthieu 7,13), pas au repos ». (Donald Hagner) Ce dernier affirme que le restant dont Jésus y parle « prévoit de la bénédiction messianique [ultime] à l’égard de la relation qu’on a avec Dieu ». Jésus requiert un disciple dévoué, pas un ‘chaperon somnolent’.



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10:55:46 AM EDT

On ne peut pas trouver le repos chrétien dans les sentiments. Cela se trouve dans les bénédictions profondes de la vie surabondante, même quand on est persécuté pour le Christ, faussement accusé, humilié, désespéré, littéralement pauvre et désirant la justice. Voilà ce que Jésus résuma dans des béatitudes de la vie du Royaume. (Matthieu 5,3-12)

En suivant Jésus, voyons, il faut être prêt à avoir tort. Cela peut être dur. Et ce n’est pas toujours ce que Chesterton appela « le silence luisant du mépris de Dieu ». Cela peut être un coup à brûle-pourpoint !

D’après vous, qu’est-ce que les disciples de Jésus ressentirent quand il leur parla et applaudit la foi d’un officier militaire des goyim ? Il dit catégoriquement : « chez personne, en Israël, je n’ai trouvé une telle foi comme celle de cet homme. Je vous le déclare : beaucoup viendront de l’Orient et de l’Occident et prendront place à table auprès d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, dans le royaume des cieux. Mais ceux qui devaient hériter du royaume, ceux-là seront jetés dans les ténèbres du dehors. C’est là qu’il y aura des pleurs et d’amers regrets. » (Matthieu 8,5-13) Voilà la vie sérieuse, mais abondante, des disciples de Jésus, reprochés par Lui. Pleurez, les nationalistes bornés, et progressez vers la vie surabondante !

Selon vous, qu’est-ce que les disciples ressentirent lorsque leur Maître exaspéré leur demanda : « après tout le temps que je passa avec vous, et vous n’y comprenez encore rien, vous ne me connais pas encore ? » (Jean 14,9) Pleurez cela et progressez vers la vie surabondante !

À votre avis, qu’est-ce que Jacques et Jean ressentirent lorsque Jésus, répondant à leur ‘idée lumineuse’ de commander à la foudre de tomber du ciel sur des samaritains non croyants, hocha la tête et dit : « Avançons ». (Luc 9,51-56)

D’après vous, qu’est-ce que le jeune homme riche ressentit lorsqu’il se rendit compte qu’il ne pourrait suivre Jésus selon ses propres conditions ? Il était venu au ‘bon maître’ en espérant de recevoir un mot agréable. Mais il s’en alla chagriné. Et ne pensez-vous pas que Jésus pleura également ce jour-là ? (Matthieu 19,16) Mais Jésus ne courut pas après lui.À votre avis, qu’est-ce que Pierre ressentit lorsque son protestation bien intentionnée contre ce que dit son Maître sur sa mort à la main des autorités était contrée par le reproche de Jésus : « Arrière de moi, Satan ! » ? (Matthieu16,23) Pleure, Pierre, et progresse vers la vie surabondante ! À votre avis, qu’est-ce que Pierre ressentit lorsque sa foi n’était pas assez fort pour l’empêcher de s’enfoncer devant ses amis et Jésus ? (Matthieu 14,30) Pleure et progresse vers la vie surabondante ! Et que ressentit-il lorsque, après avoir accompagné Jésus au Gethsémani, il s’endormit et se réveilla à la question triste de Jésus : « Ne fus-tu pas capable de veiller une seule heure avec moi ? » (Matthieu 26,36-46) Plus tard, lorsque le coq se mit à chanter pour la troisième fois, à votre avis, que ressentit-il ? On nous dit : il se mit à pleurer amèrement. (Luc 22,62) Pleure, Pierre, et progresse vers la vie surabondante !

D’après vous, qu’est-ce que le disciple bien-aimé, la mère de Jésus et les autres femmes ressentirent lorsqu’ils observaient avec horreur impuissante pendant que Jésus souffrait et mourait ? Est-ce que leur vie y était abondante – au pied de sa croix ?

À quel point la vie de l’Homme de Douleur était-elle « abondante » pendant qu’il luttait avec Satan au désert de tentation, s’occupait des dirigeants religieux qui voulaient le piéger et le tuer, se débrouillait avec des disciples égoïstes, pleurait pour Lazare, pleurait pour Jérusalem ? Celui qui savait qu’il était lui-même La Vie – pleura ! (Jean 14,6) « Jésus pleura ! » (Jean 11,35) C’est le plus court de tous versets – ne devrions nous le prendre plus à cœur ? C’est le verset favori de Cynthia Clawson. Elle a même écrit un petit livre poignant à ce sujet.

Jésus s’écria de la croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Sa vie était-elle, le vendredi de Pâques, une vie surabondante ? Sa mort n’était pas juste ! La grâce de Dieu n’est pas juste ! Alors, le voilà : sur la croix, satisfaisant la Loi – aimant le Père et tous ses ennemis avec tout l’amour qu’il pouvait donner !

En Jésus, nous voyons que la vie abondante n’implique pas que les larmes et le chagrin de solitude, de malentendu, d’abandon, de trahison. Il s’agit également des larmes et du chagrin que nous devons souffrir afin de mourir chaque jour. La vie abondante est la vie abandonnée – une vie abandonnée en Christ ! Les Évangiles ne répètent aucun verset plus que celui qu’il incarnait jusqu’à sa mort : « celui qui est préoccupé de sauver sa vie, la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera ». C’est l’échange de la vie qui sera de toute façon perdue, pour la vie qui ne peut être perdue d’aucune façon.

Vous et moi, perdons-nous nos vies pour Jésus ? Comment ? Quand ? Où ? Dietrich Bonhoeffer savait ce que signifie mourir chaque jour pour le Christ. Enfin, il mourut, nu et pendu d’une potence nazie à Flossenburg. Il avait souvent dit : « Quand Jésus-Christ appelle un homme, il lui appelle à venir et à mourir ».

MacDonald mit en garde : « Vous resterez mort tant que vous refuserez de mourir ». Venir au Christ est échanger la mort fatale dans laquelle nous nous trouvons pour la nouvelle vie de mort quotidienne dont nous serons ressuscité en Christ. Comme le dit Lewis : « Rien qui n’est mort sera ressuscité ».

Vivre abondamment est mourir abondamment. Mourir abondamment est vivre abondamment. On nous dit cependant que ceux qui sont très pratiquants vivent plus longtemps que ceux qui ne le sont pas. Nous devons avoir honte ! Selon Charles Spurgeon : « C’est notre obligation et notre privilège à épuiser nos vies pour Jésus. Il ne faut pas être des spécimens vivants d’homme dans un excellent état de conservation, mais plutôt des sacrifices vivants dont la destinée est d’être consumés ». Dites-le aux culturistes et aux fanatiques de chirurgie plastique !



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10:51:25 AM EDT

Certains chrétiens sont emprisonnés, torturés et tués pour leur témoignage sur le Christ. D’autres sont envoyés aux bagnes avec jusqu’à trois générations de leurs familles – simplement pour avoir confessé le Christ. Ils ne survivent pas à leurs voisins non chrétiens. Ce n’était pas en vain que Jésus dit que sa venue apporterait des épées, non la paix. (Matthieu 10,34-38) Dès les premiers jours, les disciples persécutés se sont réjouis d’être jugés dignes de souffrir pour Jésus. (Actes 5,41) Faisons-nous de même ?

Certains au sein de l’Église persécutée de nos jours nous demande de ne pas prier que leur persécution finisse. Ils demandent plutôt que nous priions qu’ils demeurent fidèles pendant la preuve. Et certains d’entre eux prient que les chrétiens américains connaissent plus de persécution. Pourquoi ? Parce que, disent-ils, la persécution crée de meilleurs disciples et apporte du renouveau. Ce n’était pas en vain qu’un slogan des premiers chrétiens était : « le sang des martyrs est la semence de l’Église ». (Tertullian)

Le grand renouveau spirituel gallois il y a cent ans vint au Pays de Galles parce que Evan Roberts pria à maintes reprises : « Courbe-moi, Seigneur ! Courbe-moi ! Courbe-moi ! » En préparation d’apporter l’Évangile aux jungles inexplorées de l’Équateur, un jeune missionnaire qui devait y être livré au martyre, examina son cœur, se demandant s’il était effectivement « inflammable » pour Dieu. Il pria pour être délivré de « l’amiante redouté d’autres choses. Sature-moi avec l’huile de l’Esprit afin que je puisse être embrasé. Mais une flamme est passagère, souvent de courte durée. Peux-tu supporter cela, mon âme – une vie de courte durée ? En moi habite l’Esprit de la Grande Vie de Courte Durée. … Fais moi Ton combustible, Flamme de Dieu ». (Jim Elliot)

À la suite de ces prières et ces comptes rendus de nos frères et sœurs qui sont torturés et tués, ne sommes-nous pas un peu embarrassés de nous plaindre de la persécution en entendant « Meilleurs vœux » au lieu de « Joyeux Noël » ? Ne sommes-nous pas un peu honteux d’avoir pleurniché que « nous ne nous sentons pas en sécurité » à moins que tout ne soit politiquement correct et toutes nos églises ne soient officiellement « accueillantes » ? Ne savons-nous pas que la vie abondante reste encore la vie de la croix – celle du Christ et la nôtre ?

Les minorités sont maltraitées. Les églises ainsi que les sécularistes n’ont pas été gentilsavec les LGBT, surtout avec les chrétiens évangéliques gays. Il est donc compréhensible que nous désirions « une zone protégée ».

Toutefois, notre souci principal ne devrait pas être notre sûreté. Nous, les chrétiens, ne sommes pas appelés à être hors de danger. Nous sommes appelés à aimer. Et il est dangereux d’aimer. L’amour de notre Seigneur lui coûta la vie. Pourquoi notre amour nous coûterait-il tellement moins cher ? Comme Lewis le dit : « Le seul endroit en dehors du paradis où l’on puisse se sentir parfaitement à l’abri de tous les dangers et de toutes les perturbations d’amour est l’Enfer ». Et puisque EC n’est ni le Paradis ni l’Enfer, EC ne peut être un endroit tout à fait hors de danger. Alors, soyons aussi saufs que nous le devrions : sains et saufs !

Il est certain que le Seigneur, notre Dieu, puisse être dangereux ! Nous essayons sottement d’enfermer tous les Vents sauvages et tumultueux du Saint-Esprit de Dieu. Nous essayons de les contenir dans nos petits coffres de sûreté spirituels, pour être libérés en temps de besoin. Nous pouvons l’essayer, mais en vain.

Le Seigneur que la sage nous rappelle de craindre afin de même commencer à savoir quoi que ce soit, n’est aucune déité apprivoisée de notre conception, à notre disposition. (cf. Proverbes 1,5, et al.) Et ne me racontez pas que le sage ne voulait pas dire « crainte », mais simplement « respect mêlé de crainte », comme si cette sorte de respect profond était en quelque sorte plus sauf que frémir en humilité en raison de notre faiblesse et écrouler en horreur à notre négligence honteuse du cœur tendre de l’Amour Lui-même. Yirah, traduit comme « crainte » ou « respect mêlé de crainte » – nous rappelle de l’irrésistiblement Sainte Présence. Alors, dites-moi : la Sainte Présence n’est-elle pas le phénomène le plus accablant, terrifiant et irrésistible qu’il puisse y avoir ? Voilà le paradoxe du Psalmiste : « tout en tremblant, exultez de joie ! » (Psaume 2,11)

Rappelant le péché de ses ancêtres qui avait attristé le Saint-Esprit, Paul plaida avec les Éphésiens de ne pas tant peiner le Saint-Esprit. (Ésaïe 63,10 ; Éphésiens 4,30) Ne devrions-nous pas pâlir face au pathos du Saint-Esprit de Dieu ?

Jésus pouvait dire à ses disciples, d’une part, de craindre Celui qui pourrait les détruire absolument, et d’autre part, de ne pas craindre Celui qui se soucie de la chute de chaque moineau, car Il jugechaque disciple beaucoup plus précieux qu’une multitude de moineaux. (Matthieu 10,28-31)

Susan demanda sur Aslan: « N’est-il pas ... dangereux ? Cela me ferait plutôt de peur de rencontrer un lion – Tu auras certainement peur, ma mignonne, c’est sûr ! dit madame Castor. S’il existe des gens qui peuvent se présenter devant Aslan sans que leurs genoux tremblent, ils sont soit plus courageux que les autres, soit tout simplement stupides – Alors, il est dangereux ? dit Lucie – Dangereux ? reprit monsieur Castor. Vous n’avez donc pas entendu ce qu’a dit madame Castor ? Évidemment qu’il est dangereux. Mais il est bon. »

Le Seigneur n’est pas notre laquais. Le Seigneur est le Seigneur ! Et le Seigneur est notre Ami. En tant que notre Ami, Il nous dira la vérité. Il nous dira ce dont nous aurons besoin d’entendre. Et Il le fera avec amour, pour notre bien et à la gloire de notre Père. Néanmoins, cela peut être dur à entendre – et donc c’est quelque chose à craindre. Le Psalmiste avait de bonnes raisons de dire : « L’amitié de l’Éternel est pour ceux qui le craignent ». (Psaume 25,14) Un théologien moral ajoute : « Il n’existe aucune vulnérabilité plus risquée que de vivre en amitié avec Dieu. … Tout ami de Dieu est appelé à fidèlement incarner les voies de Dieu dans le monde, même jusqu’à la souffrance à cause d’elles. Il pourrait y avoir de la grâce et de la gloire en étant un ami de Dieu, mais il y a nettement un prix en plus ». (Paul J. Waddell)

Le prix ? Notre tout.

Dans une chanson gospel d’Ira Stanphill, Jésus dit à un aspirant disciple : « Si je te donne de l’eau, mais je ne t’en donne qu’un verre, / Alors, un simple verre d’eau est tout ce que je requiers ».

Mais, bien entendu, « tout » y signifie tout – tout pour lui qui donne de son propre verre, et tout pour lui qui boit de ce verre. Et « tout » signifie tout pour Lui qui donne libéralement l’Eau de Vie, et qui cria néanmoins de la croix, « j’ai soif ! » Et on nous dit que pour lui qui estime tant le donneur et le receveur, ce petit verre d’eau vaut la vie éternelle ! (Matthieu 10,42)



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10:44:21 AM EDT

Cependant, il nous donna beaucoup plus qu’un verre d’eau. 60 pour cent de nos corps se compose d’eau. L’eau : hydrogène venu du big-bang et oxygène venu des explosions d’étoiles. Notre propre commencement fut « au commencement » ! Nous vînmes avec un big-bang ! Et alors, tamisés au travers des étoiles et embrassés dans un environnement s’étendant sans cesse et parfaitement créé pour que nous pussions prospérer dès le début il y a quatorze milliards d’ans, nous voilà maintenant. Et alors ! Qu’en pensez-vous comme sens d’appartenance ?

Mais c’est mieux que cela. Car dans la poussière d’étoiles qui nous constitue, Dieu marqua Son image. Et c’est encore mieux. Dans le beau gâchis que nous avons tous fait de nous-mêmes, et dès le commencement, Dieu décida de venir dans son Fils mourir pour que nous puissions vivre en Lui. Même dans le livre appelé Lamentations, on lit de l’amour éternellement fidèle de Dieu qui « se renouvelle chaque matin » ! (3,23) Les recherches psychologiques montrent que c’est précisément ce dont nous avons besoin.

Dans son livre sur la psychologie de bonheur, Dave Myers déclare qu’« on ne peut exagérer ce point : chaque expérience souhaitable – l’amour passionné, une euphorie spirituelle, le plaisir d’une nouvelle possession, l’allégresse de succès – est transitoire ». Pas étonnant que Samuel Johnson dît qu’« il se peut que l’espoir soit le bonheur principal fourni par ce monde ». Pourtant, Dieu merci, il n’y a rien de transitoire relatif à la vie dans le Transcendant ! Et en fin de compte, Il est notre Vie Surabondante !

Le Psalmiste parla de « l’endroit large » du salut de Dieu où il était placé – voire au beau milieu de toutes sortes d’ennuis de ce monde-ci. (Psaumes 31,8) Et les chrétiens racontent d’une joie croissante dans le Seigneur : « Chaque jour plus doux, chaque jour plus doux, Son amour devient chaque jour plus doux ». (G.T. Speer)

Plus de joie que jamais en Christ, au-delà du présent, est la témoignage d’un pasteur, écrasé par un camion et déclaré mort sur les lieux. Cependant, une heure plus tard, les ambulanciers découvrirent qu’il respirait à nouveau. Pendant ce temps, dit-il, il voyait « le lustre et l’intensité [d’une lumière qui] augmentait continuellement. … Chaque fois que je marcha en avant, la splendeur augmenta. Plus je marchais, plus la lumière devenait brillante ». Et c’était pareil avec la musique. (Don Piper)

C.S. Lewis avait en tête quelque chose d’approchant à la fin de ses Chroniques de Narnia – après l’accident ferroviaire mortel. « Toute leur vie en ce monde-ci et toutes leurs aventures à Narnia avaient été seulement la couverture et la page de titre. Maintenant enfin, ils commençaient le premier chapitre de la Grande Histoire que personne sur terre n’a jamais lue. Celle qui dure toujours, et dans laquelle chaque chapitre est meilleur que le précédent ».

« Nous ne cesserons pas d’explorer / Et la fin de toute notre exploration / Sera d’arriver là où nous commençâmes / Et de connaître ce lieu pour la première fois ». (T.S. Eliot)

Pourtant, comme Christina Rossetti nous rappelle : le chemin sinueux de la vie est tout en montée – jusqu’au bout. Alors, n’est-ce pas le seul chemin pour parvenir au sommet ? Et notre demeure se trouve dans les Montagnes de Sion, en passant par Mont Calvaire.

À la toute première page de The Purpose Driven Life, Rick Warren énonce : « Il ne s’agit pas de vous. Le but de votre vie est beaucoup plus grand que votre accomplissement personnel, votre tranquillité d’esprit, voire votre bonheur. … Vous êtes né selon et pour le but de Dieu ».

Il ne s’agit ni de vous ni de moi. Il s’agit de Dieu, en Christ. Et parce qu’il s’agit véritablement de Lui, la seule Vie qui soit, nous qui sommes en Lui pouvons continuer, à jamais, progressant vers la Vie Surabondante. Donc, ayez faim et soif de Lui : le Chemin, la Vérité et la Vie – Surabondante !

© 2006 Ralph Blair. Tous droits réservés.
Traduction : F.W.



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